Guillaume, grenoblois pur souche, moniteur BE escalade/canyon chez Face Sud, a gentillement accepté de répondre à quelques questions. On vous laisse découvrir son histoire

Pourquoi ce métier plutôt qu’un autre et depuis quand l’exerces-tu ?

“J’ai choisi d’exercer ce métier pour plusieurs raisons. Tout d’abord pour la pratique des activités en elles-mêmes, ensuite pour pouvoir profiter de la nature et travailler en extérieur. Par ailleurs cela me permet de me dégager une longue période de temps libre en hors saison. Ce rythme de vie me convient mieux que celui de ma vie d'avant. En effet, j’ai obtenu un diplôme d’ingénieur en conception mécanique avec une spécialisation en simulation numérique de mise en forme de matériaux, métier que j’ai exercé pendant deux ans à Nice.  Deux années pour me rendre compte que ce mode de vie ne me correspondait guère. C'est en 2011 que j'ai imaginé ma reconversion. Comme tous les moniteurs, j’ai commencé en tant que stagiaire, période qui s’étale sur une année." 


Comment as-tu atterri chez Face Sud ?

“Ma ville natale, Grenoble, est le camp de base d'une très grande communauté de grimpeurs. Personnellement, j'ai débuté l’escalade en 2001 avec Quentin Chastagnier, BE escalade lui aussi, une figure du milieu grimpant. J'ai commencé comme tout un chacun à enchaîner voie sur voie sur les falaises grenobloises, avec pour seule ambition d'en faire le plus possible dans la journée.

Parallèlement, entre la fac, les salles d’escalade et les sites de grimpe locaux, j’ai fait la rencontre de Pierre Gérault, qui n’est autre que le frère du co-gérant de Face Sud Samuel. J'ai par la même occasion rencontré d’autres moniteurs Face Sud comme Victor Lefort, Marvin Eveno ou encore Charlie Ahache. Puis, il y a une dizaine d’année, j’ai fait la connaissance de Fred et Sam (les 2 gérants de Face Sud). Un jour en grimpant en extérieur, il me semblait qu’un des grimpeurs ressemblait fortement à Pierre... et il s’agissait en fait tout simplement de Samuel. De fil en aiguille, après avoir continué de progresser dans cette discipline, je me suis naturellement tourné vers cette structure pour finir mon BE avec Fred comme maître de stage.”



(Free Style dans le canyon du Roujanel)

Comment ton métier influence-t-il ta vie personnelle ?

“Pour le coup, cette nouvelle activité professionnelle a bouleversé mes habitudes de vie mais dans un versant positif. Ce mode de travail m’offre une longue période pour me consacrer entièrement à ma pratique personnelle de l'escalade. En revanche, fini pour moi les spots d'été, là c'est boulot!. Supportant mal la chaleur, je suis mieux dans l’eau l’été et au frais l’hiver. Si vous me chercher un jour de canicule, regardez vers les sommets ! Je suis plutôt du genre à aller à 1600 m et , vous me trouverez en face nord !”



(Plongeon dans le canyon du Haut Chassezac)


Est-ce que tu as d’autres passions dans la vie ?

“Autre que l’escalade ?” [petit instant de réflexion] “Et bien l’escalade !” [grand sourire] “C’est la passion pour laquelle je vis. J’y passe 90 % de mon temps. Pour donner un ordre d’idée, sur environ 200 jours de congés par an, comptez pas moins de 150 jours où je suis sur les voies à pratiquer mais aussi à équiper! J’affectionne le fait d’équiper de nouvelles voies, pour toujours ouvrir le champs des possibles, repousser mes limites et pouvoir offrir un autre terrain de jeu aux passionnés... et ce toujours dans du dur, c’est à dire souvent au delà du 8a.”



Et pour la suite, comment l'envisages-tu ?

“Toujours pareil mais je souhaite passer une équivalence pour obtenir le nouveau diplôme mis en place, le Diplôme d’Etat qui remplace l’ancien Brevet d’Etat. En effet, un nouveau DE spécifique au canyon a été créé. Avant, les moniteurs passaient un Brevet d’Etat escalade avec des heures d’enseignement en canyon pour accompagner les clients en canyoning et depuis pas longtemps un Diplôme d’Etat spécifique à l’activité canyoning a été créé. Du coup je vais faire en sorte d’obtenir une équivalence entre mon BE et le nouveau DE qui va devenir le diplôme de référence.”


As-tu des petits coins sympa ou bons plans à dévoiler à nos lecteurs ?

“Et bien, je ne vais pas livrer mes petits coins secrets sinon ils ne le seront plus, mais je ne peux que vous conseiller de tester le restaurant des Tilleuil à Lagorce que j’aime beaucoup. Pour les cyclistes qui tenteraient l'ascension du Mont Ventoux (j'habite au pied), n'hésitez à vous arrêter au Saint Hubert. C’est un bon resto à l’ancienne avec des têtes de sangliers accrochés aux murs. On y mange super bien, les portions sont généreuses et on s’y sent comme à la maison.

Pour le reste, du point de vue nature, je peux juste vous dire qu’en Ardèche, il suffit de s’écarter de quelques mètres de la route et des sentiers battus pour découvrir des petits coins de paradis.Par exemple des petites sources avec de magnifiques vasques, ou encore des tours où il suffit de grimper, avec un pique-nique au coucher du soleil et savourer l’instant présent. Je pense notamment à un moulin situé à côté d’un canyon vert, celui de Pissevieille, pour les connaisseurs.”



Pour en apprendre davantage sur Guillaume et l'escalade, nous vous invitons à parcourir le blog de Guillaume.